C’est l’un des chiffres les plus parlants de l’échec de la politique migratoire française. Selon la Cour des comptes, le nombre d’obligations de quitter le territoire français délivrées a bondi de 60 % en cinq ans. Sur la même période, les effectifs préfectoraux chargés de l’éloignement n’ont augmenté que de 9 %.
Résultat : les préfectures sont débordées. Elles peinent à respecter les délais légaux et à défendre leurs décisions devant les tribunaux administratifs. Le contentieux des étrangers représentait déjà 41 % des affaires de ces juridictions en 2021.
Surtout, moins de 10 % des expulsions sont effectivement réalisées. Les obstacles sont connus : manque de places en centres de rétention, refus de certains pays de délivrer des laissez-passer consulaires, recours à répétition.
Le télégramme de Laurent Nuñez aux préfets, mi-avril, fait des éloignements une « priorité absolue ». Mais sans moyens supplémentaires ni pression diplomatique sur les pays d’origine, les annonces risquent de rester lettre morte.
Pour beaucoup de Français, ce taux d’exécution symbolise l’impuissance de l’État.
Sources : Cour des comptes · Assemblée nationale