Le Festival de Cannes s’ouvre ce mardi dans un climat inhabituel. La veille, 600 professionnels du cinéma ont publié une tribune contre Vincent Bolloré et le projet de rachat du réseau de salles UGC par Canal+.
Les signataires s’inquiètent de la concentration du secteur entre les mains d’un industriel qui contrôle déjà Canal+, plusieurs médias et une part importante du financement du cinéma français. Ils redoutent une influence idéologique sur la création et la diffusion des films.
Pour les défenseurs de Vincent Bolloré, cette mobilisation relève d’abord du combat politique. Ils rappellent que Canal+ reste l’un des principaux financeurs du cinéma français, et que le milieu culturel tolère sans difficulté l’influence d’autres groupes, à condition qu’ils ne soient pas classés à droite.
Cette controverse s’inscrit dans une guerre médiatique plus large. Les médias du groupe Bolloré sont régulièrement accusés par la gauche de servir les idées de la droite nationale. Ils ont aussi ciblé ces derniers mois le coût et la neutralité de l’audiovisuel public.
Sur la Croisette, les débats politiques risquent de s’inviter jusque sur les marches.