Une étude publiée par l’Institut pour la Justice alerte sur l’ampleur du blanchiment d’argent dans les restaurants kebabs. D’après cette analyse, au moins 42 % des établissements examinés présentent des signaux concordants les rendant raisonnablement suspects de servir à intégrer des fonds illicites.
Une étude inédite sur les commerces de proximité
L’Institut pour la Justice a réalisé une enquête quantitative en analysant des données comptables publiques de kebabs situés dans plusieurs grandes villes françaises. Ce travail vise à objectiver un phénomène souvent évoqué mais rarement chiffré avec précision. Les résultats indiquent qu’en moyenne, 42 % des kebabs étudiés peuvent être considérés comme fortement suspects de blanchiment.
Des critères rigoureux pour identifier les soupçons
La méthode repose sur cinq indicateurs précis : paiement majoritairement en espèces, marges déclarées incohérentes avec l’activité réelle, comptabilité approximative, facilité d’ouverture du commerce et recours à des montages juridiques simples. Un établissement est qualifié de « fortement suspect » dès lors qu’il cumule au moins deux de ces critères. Cette approche prudente permet d’éviter les conclusions hâtives tout en révélant une réalité préoccupante.
Un échantillon analysé dans trois villes majeures
L’étude a porté sur 67 kebabs répartis à Montpellier, Nantes et Lille. Sur cet échantillon, la proportion moyenne de 42 % d’établissements suspects émerge comme un chiffre marquant. L’Institut souligne que sa méthode est plus exigeante que celle appliquée par les experts-comptables, qui peuvent déclarer un soupçon à Tracfin sur la base d’un seul indice après vérification auprès du client.
Un phénomène qualifié de « massif » par l’IPJ
L’Institut pour la Justice décrit le blanchiment via les kebabs comme un phénomène massif et loin d’être un fantasme. Le secteur présente des caractéristiques particulièrement favorables : acceptation massive du cash, faible visibilité des flux réels et multiplication rapide des ouvertures. Ces éléments en font un vecteur privilégié pour intégrer l’argent sale dans l’économie légale.
Source : Institut pour la Justice