Manon Aubry, eurodéputée LFI, a été copieusement sifflée et huée par des agriculteurs ce matin à Strasbourg devant le Parlement européen. L’élue n’a pas pu prendre la parole dans le brouhaha. L’incident illustre la colère persistante du monde agricole contre les politiques européennes
Manon Aubry, tête de liste LFI aux européennes et figure très médiatisée du parti, s’est rendue ce matin devant le Parlement européen à Strasbourg pour une prise de parole. Elle a été accueillie par un mur de sifflets, huées et cris hostiles de la part d’un groupe important d’agriculteurs et d’éleveurs mobilisés sur place.
Une intervention impossible Dès son arrivée sur le parvis, la députée a été encerclée par des manifestants munis de casseroles, de sifflets et de pancartes hostiles. Les cris de « Manon dehors ! », « Traîtresse ! » et les sifflets ont couvert sa voix. Malgré plusieurs tentatives, elle n’a pas réussi à placer une phrase audible. Ses équipes de sécurité et les forces de l’ordre ont dû l’exfiltrer rapidement du rassemblement.
La colère agricole contre Bruxelles Les agriculteurs présents reprochent à Manon Aubry et à LFI leur soutien aux politiques européennes qu’ils jugent destructrices pour la profession : Green Deal, normes environnementales jugées intenables, accords de libre-échange (Mercosur), réduction des pesticides, jachère obligatoire, et concurrence déloyale des importations. La présence de l’eurodéputée, venue défendre ces mêmes politiques, a été perçue comme une provocation.
Un symbole de la fracture entre Bruxelles et le terrain
Cet incident n’est pas isolé. Depuis plusieurs mois, les agriculteurs multiplient les actions coup de poing devant les institutions européennes à Strasbourg et Bruxelles. Les eurodéputés de gauche, écologistes ou macronistes sont régulièrement hués ou bloqués. Manon Aubry, très active sur les réseaux et dans les médias, cristallise particulièrement la colère d’une partie du monde rural qui la voit comme l’incarnation de l’idéologie bruxelloise.
LFI dénonce une « agression »
Le parti LFI a rapidement réagi en dénonçant une « agression » et une « intimidation antidémocratique ». Manon Aubry a publié un message sur les réseaux sociaux affirmant avoir été « empêchée de s’exprimer » et accusant les manifestants d’être instrumentalisés par l’extrême droite. Les agriculteurs, de leur côté, revendiquent un droit légitime à exprimer leur ras-le-bol face à des politiques qui menacent leur survie.
Un climat de tension durable
Cette scène à Strasbourg intervient alors que les manifestations agricoles se poursuivent dans toute la France et que les négociations sur le budget européen et les politiques agricoles communes restent très tendues. Le fossé entre les institutions européennes et une partie du monde agricole ne cesse de se creuser.
Source : Occidentis