Le 16 septembre, la France a procédé au rapatriement de dix enfants mineurs et de trois femmes adultes qui se trouvaient détenus dans des camps du nord-est syrien, sous contrôle des forces kurdes. Ces personnes, issues de familles ayant rejoint des zones contrôlées par des groupes djihadistes, sont arrivées sur le territoire national dans la matinée.
Le Parisien nous informe que le ministère des Affaires étrangères et le Parquet national antiterroriste (PNAT) ont confirmé l’opération. Les trois femmes, âgées de 18 à 34 ans, ont été immédiatement remises aux autorités judiciaires : deux d’entre elles ont été placées en garde à vue sur commission rogatoire d’un juge d’instruction. Les dix mineurs, quant à eux, ont été confiés aux services de l’aide sociale à l’enfance pour un suivi médico-social et éducatif. Le PNAT assure un suivi centralisé, en lien avec les parquets territoriaux, dans le cadre de procédures d’assistance éducative sous la responsabilité du tribunal judiciaire de Versailles.
Un sujet toujours controversé en France
Ce rapatriement intervient dans un contexte de débats récurrents sur la gestion des ressortissants français partis en Syrie ou en Irak pour rejoindre l’organisation État islamique. Depuis la chute du « califat » en 2019, des dizaines de femmes et enfants français restaient dans des camps comme Roj ou Al-Hol, dans des conditions souvent dénoncées comme précaires (insalubrité, insécurité, dénuement). Des estimations de juin 2025 faisaient état d’environ 120 enfants et une cinquantaine de femmes encore présents sur place. La France, condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme et des juridictions nationales pour refus de rapatriement, a accéléré les retours depuis 2022-2023, tout en maintenant une politique prudente vis-à-vis des adultes majeurs soupçonnés de liens terroristes.