Danielle Obono et des députés LFI ont déposé une proposition de loi visant à accorder le droit de vote aux étrangers résidant sur le sol français. Cette mesure, qui concernerait les élections locales et nationales, relance le débat sur la citoyenneté et la souveraineté électorale. L’information est confirmée par Le Figaro.
Danielle Obono, députée LFI de Paris, et plusieurs de ses collègues ont déposé une proposition de loi visant à ouvrir le droit de vote aux étrangers résidant en France. Le texte prévoit que toute personne étrangère résidant légalement sur le territoire depuis un certain nombre d’années pourrait voter aux élections municipales, départementales, régionales et même législatives et présidentielles. Cette mesure, qui existe déjà pour les citoyens européens aux municipales, serait étendue à tous les étrangers non-européens.
Un projet qui divise profondément
Pour les auteurs de la proposition, il s’agit d’une question de justice et d’égalité : ceux qui vivent, travaillent, payent des impôts et contribuent à la vie collective doivent pouvoir participer aux choix démocratiques locaux et nationaux. Les députés LFI dénoncent une « citoyenneté de seconde zone » pour les étrangers de longue date. Ce texte s’inscrit dans une vision universaliste et multiculturaliste de la nation française.
Une remise en cause de la citoyenneté française
Pour les opposants, cette proposition remet en cause le principe fondamental de la souveraineté nationale : le droit de vote est indissociable de la nationalité française. Accorder ce droit aux étrangers reviendrait à diluer le corps électoral et à donner une influence politique directe à des personnes qui ne sont pas liées à la communauté nationale par un serment de fidélité ou une naturalisation. Le RN et une partie de la droite dénoncent un « grand remplacement électoral ».
Un débat récurrent depuis des décennies
La question du vote des étrangers n’est pas nouvelle. Elle resurgit régulièrement à gauche depuis les années 1980. François Mitterrand l’avait promise en 1981 sans jamais la mettre en œuvre. Jean-Luc Mélenchon et LFI la portent aujourd’hui avec force, voyant dans ce droit un moyen de « démocratiser la démocratie » et de contrer les discours identitaires.
Une proposition qui interroge la cohésion nationale
Si elle était adoptée, cette mesure transformerait profondément le paysage électoral français. Des millions d’étrangers pourraient voter aux législatives et à la présidentielle, influençant directement la politique du pays sans avoir la nationalité.
Source : Le Figaro