Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, près de 22 000 obligations de quitter le territoire français ont visé des ressortissants algériens. Depuis le début de 2026, seules 140 reconduites vers l’Algérie ont été réalisées, selon Laurent Nuñez.
Même en tenant compte du décalage entre les années, le taux d’exécution reste dérisoire : à peine quelques pour cent des décisions prononcées.
Le principal obstacle est connu. Sans laissez-passer consulaire délivré par Alger, impossible d’expulser un ressortissant algérien dépourvu de passeport valide. Depuis la mi-février, l’Algérie en a délivré 120, une goutte d’eau.
Pendant ce temps, les centres de rétention se remplissent. Plus de 700 Algériens y sont retenus, sur environ 2 000 places. Faute de pouvoir les renvoyer, l’administration doit souvent les libérer au terme de la durée légale de rétention.
Le ministre de l’Intérieur reconnaît qu’il faut « faire mieux ». Mais pour une large partie de l’opinion, le problème est politique. Tant que la France n’utilisera pas de leviers forts, comme les visas, l’aide au développement ou les accords de 1968, Alger restera maître du calendrier.
Sources : Europe 1