Le chiffre a de quoi interpeller. À Lens, la ville a été gagnée dès le premier tour par une liste d’union de la gauche, mais le RN y passe de 23 % à 46,49 %. En six ans, le parti a doublé son score dans l’un des bastions historiques de la gauche ouvrière.
Lens n’est pas un cas isolé. Le RN progresse dans tout le bassin minier du Pas-de-Calais, où il remporte notamment Liévin.
Ce basculement est le fruit d’une lente évolution. Désindustrialisation, chômage, sentiment d’abandon : ces territoires longtemps acquis au PS et au PCF se sont tournés vers le RN, d’abord aux élections nationales, désormais aux municipales.
Pour la gauche, l’alerte est sérieuse. Elle conserve encore des mairies, mais ses marges se réduisent à chaque scrutin. Pour le RN, le bassin minier est devenu une terre de conquête, et un réservoir de voix décisif pour 2027.