Ce 28 septembre 2025, un rassemblement s’est tenu à Paris pour alerter sur la situation dramatique des chrétiens persécutés dans le monde. Des participants, dont certains arborant des drapeaux français et des portraits religieux, ont déployé une grande banderole noire proclamant « STOP PERSÉCUTION DES CHRÉTIENS », accompagnée de statistiques choc : 380 millions de chrétiens persécutés, 4 476 tués pour leur foi sur la période rapportée, et 7 679 églises ciblées dans plus de 70 pays sous fortes pressions.
L’action, immortalisée devant un bâtiment public, visait à sensibiliser l’opinion publique et les autorités à ce que les organisateurs décrivent comme une tragédie silencieuse. La banderole, portée par un groupe mixte, mettait en avant un portrait du Christ et des symboles chrétiens, soulignant l’aspect spirituel et identitaire de la mobilisation. Ce type d’initiative, encore rare en France pour cette cause, cherche à briser le tabou autour des persécutions religieuses ciblant spécifiquement les chrétiens.
Des chiffres issus d’un rapport de référence
Les données affichées correspondent à celles publiées par l’ONG Portes Ouvertes dans son Index mondial de persécution des chrétiens (World Watch List). Selon le rapport annuel (édition couvrant la période fin 2024-début 2025), plus de 380 millions de fidèles – soit environ un chrétien sur sept dans le monde – subissent des discriminations graves ou des violences liées à leur foi. Parmi les faits marquants : 4 476 assassinats motivés par la religion, dont une grande majorité en Afrique subsaharienne (notamment au Nigeria), et près de 7 679 attaques contre des églises ou propriétés chrétiennes. Plus de 70 pays exercent des pressions sévères, allant de la répression d’État (Corée du Nord, Afghanistan) aux violences djihadistes ou aux lois anticonversion (Inde).
L’ONG, évangélique et active depuis des décennies, compile ces données à partir de sources sur le terrain dans une centaine de pays. Elle note une hausse continue depuis plus de dix ans, avec une aggravation notable en Afrique subsaharienne due aux insurrections islamistes, et une intensification des discriminations en Asie.
Un appel à la visibilité en France
Cette mobilisation parisienne, modeste en nombre mais symbolique, s’inscrit dans un contexte où la cause des chrétiens persécutés reste peu médiatisée en comparaison d’autres discriminations religieuses. Les organisateurs insistent sur le besoin d’une prise de conscience collective : malgré l’ampleur des chiffres, les persécutions chrétiennes font rarement la une des grands médias occidentaux. En France, où la laïcité et le sécularisme dominent le débat public, de telles initiatives visent à rappeler que la liberté religieuse est un droit universel menacé pour une part significative de la population chrétienne mondiale.
Ce rassemblement rappelle que derrière les statistiques se cachent des drames humains : familles endeuillées, communautés dispersées, églises détruites. Alors que le monde célèbre régulièrement d’autres causes humanitaires, les chrétiens persécutés demandent simplement une attention équivalente à leur sort.