Ce 25 septembre, la cour d’appel de Paris a confirmé la condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans d’emprisonnement ferme pour association de malfaiteurs en vue de financement illicite de campagne électorale dans le dossier du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. L’ancien chef de l’État, qui comparaissait libre, a été reconnu coupable d’avoir sciemment accepté et utilisé des fonds provenant du régime de Mouammar Kadhafi pour sa victoire électorale.
La cour a retenu que l’ancien président avait eu connaissance des versements illicites orchestrés par des intermédiaires, notamment Ziad Takieddine et Claude Guéant, et qu’il avait participé activement à dissimuler leur origine. Les juges ont confirmé le quantum de cinq ans ferme prononcé en première instance en 2021, assorti d’une amende de 300 000 euros et de cinq ans d’inéligibilité. Cette peine, lourde pour un ancien président de la République, marque un tournant judiciaire en France.
Une affaire aux ramifications internationales
Le dossier, ouvert en 2013 après les accusations de Ziad Takieddine, repose sur plusieurs éléments : des témoignages concordants d’intermédiaires, des relevés bancaires montrant des flux financiers suspects depuis la Libye, des notes manuscrites de Kadhafi et des enregistrements audio où le dictateur libyen revendiquait avoir financé Sarkozy. La cour d’appel a estimé que ces preuves formaient un faisceau suffisant pour établir la réalité des faits et la participation de l’ancien président à l’organisation frauduleuse.
Nicolas Sarkozy, qui nie fermement toute implication et parle d’un « complot politico-judiciaire », a immédiatement annoncé faire pourvoi en cassation. Ses avocats dénoncent un dossier « politique » et des preuves « fabriquées ». Le parquet général, qui avait requis la confirmation de la peine, s’est félicité d’une décision « rigoureuse et motivée ».
Conséquences politiques et symboliques
Cette condamnation, la plus lourde jamais prononcée contre un ancien président français pour des faits de corruption électorale, intervient alors que Nicolas Sarkozy reste une figure influente à droite. Elle ravive les débats sur l’impartialité de la justice, le rôle des financements étrangers dans les campagnes et les responsabilités des dirigeants dans les affaires d’État. Pour beaucoup d’observateurs, ce verdict clôt un chapitre sombre de la Ve République, même si le pourvoi en cassation pourrait encore retarder l’exécution de la peine.