Ce 24 septembre, Claire Géronimi a fait son entrée au palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité, sous une pluie battante pour le premier jour du procès de l’homme accusé de l’avoir violée le 11 novembre 2023. Âgée aujourd’hui de 28 ans, la jeune femme a été accueillie par une trentaine de personnes mobilisées par l’Institut pour la Justice, une association qui milite pour une justice plus ferme et une meilleure application des peines.
Les soutiens, venus malgré le mauvais temps, ont déployé une grande banderole « Justice pour Claire » et d’autres pancartes portant les inscriptions « Silence = Mort pour les victimes » et « Soutien à Claire et Mathilde ». Certains tenaient des parapluies pour se protéger, formant un cordon symbolique devant la façade gothique de la cour d’appel. Cette présence visible marque le début d’un procès très attendu, qui se tient devant la cour criminelle de Paris jusqu’au 26 septembre, et qui concerne deux viols commis à 45 minutes d’intervalle dans des halls d’immeuble du 16e arrondissement.
Un symbole de combat pour les victimes et contre les défaillances
Claire Géronimi, qui a créé l’association Éclats de femme pour accompagner les victimes de violences sexuelles, est devenue une figure médiatique et politique après les faits. Elle a choisi de médiatiser son calvaire pour dénoncer les dysfonctionnements liés aux obligations de quitter le territoire français (OQTF) non exécutées. L’accusé, Jordy Goukara, un ressortissant centrafricain de 26 ans en situation irrégulière, était sous plusieurs OQTF au moment des faits et comptait déjà un lourd passé judiciaire (11 condamnations antérieures). Les deux victimes – Claire et Mathilde (pseudonyme), agressée plus tôt le même jour – ont demandé une audience publique pour briser le silence et sensibiliser l’opinion.
L’Institut pour la Justice, qui a activement soutenu Claire depuis l’affaire, a organisé ce rassemblement pour exprimer une solidarité active. Des militants et sympathisants, dont certains venus de loin, ont scandé des slogans en faveur d’une justice exemplaire et d’une meilleure protection des femmes. Cette mobilisation illustre le rôle croissant des associations et des réseaux militants dans les affaires judiciaires sensibles, où le soutien public peut influencer la perception collective du dossier.
Un procès sous haute tension
Le procès, qualifié de « viol en concours » (qualification rare pour deux viols successifs), met en lumière les questions récurrentes sur l’exécution des mesures d’éloignement des délinquants étrangers multirécidivistes. Claire Géronimi a publiquement exprimé son espoir d’une sanction lourde et d’une reconnaissance des failles systémiques qui ont permis à l’agresseur présumé de rester sur le territoire. Le verdict est attendu le 26 septembre.